Krzysztof Szczawiński Essays

France and Europe

La France : un pays, deux peuples.

Samedi, de l’Étoile à la Concorde : des centaines de milliers de personnes. Des familles, des enfants sur les épaules, des chants. Pas une vitrine touchée.

Quelques jours plus tard : des lycées bloqués, des projectiles, des tentatives d’incendie, plus de six cents interpellations en une seule journée. Le ministre de l’Intérieur lui-même parle de ce qui « s’apparente à des violences urbaines ».

Six jours. Deux foules. Deux peuples.

L’un transmet. L’autre brûle.

L’un porte ses enfants sur les épaules pour qu’ils voient. L’autre s’en prend à l’école qui devait l’instruire.

Le second, on le montre tous les soirs. Le premier, on le découvre une fois par génération.

Pour la messe, on a débattu de la laïcité. Pour les blocages, de la proportionnalité de la police.

La foule qui casse donne au pouvoir une raison d’exister. La foule qui chante lui rappelle pour qui il existe.

Samedi a montré lequel des deux peuples est le plus nombreux. Reste à savoir lequel on laissera définir la France.

En Pologne, le jour où le peuple qui chante s’est compté, le régime a commencé à compter ses jours.