Krzysztof Szczawiński Essays

France and Europe

Samedi, les Français se sont vus.

Leur nombre. Leur unité. Leur visage.

Pas celui qu’on leur montre tous les soirs – ceux qui brûlent les voitures, qui cassent, qui agressent. Le vrai. Des familles, des jeunes, des enfants sur les épaules, des bébés tendus vers la papamobile. Une marée humaine de l’Étoile à la Concorde, et pas une vitrine touchée.

Ce pays que l’on dit fracturé, épuisé, perdu – il était là. Il s’est compté. Et il s’est découvert immense.

La Concorde. La place où la Révolution a coupé la tête du roi. Aujourd’hui, on y dit la messe. Plus de deux siècles pour faire le tour – mais le tour est fait.

Ils répètent 600 000 comme un mantra. Le chiffre fait peur ? Peu importe le chiffre. L’essentiel, c’est que tous ces gens se sont vus.

Je rappelle juste comment ça s’est passé chez nous.

Juin 1979. Jean-Paul II à Varsovie. Le régime compte sur l’indifférence. Il voit arriver des millions de Polonais. Le pape dit : « Que ton Esprit descende et renouvelle la face de la terre. De cette terre. »

Et chaque Polonais découvre une chose très simple : je ne suis pas seul.

Le communisme ne tenait pas par les chars. Il tenait parce que chacun croyait être seul à ne plus y croire. Un an plus tard, Solidarność. Dix ans plus tard, la liberté.

Une foule qui casse, un pouvoir sait la gérer – il en a même besoin. Une foule qui prie, il ne sait pas. Surtout quand elle rentre chez elle en sachant qu’elle est nombreuse.

C’est comme ça que nous avons retrouvé notre liberté en Pologne. C’est comme ça que nous avons vaincu le communisme. 🇵🇱🗽

La France vit-elle son moment Solidarność ? Un réveil ? 🇫🇷⚜️